Grise

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Grise

Message par Grise le Ven 16 Juil - 6:51

____________________QUELQUES INFORMATIONS____________________
*- Êtes-vous intéressé par la mise en scène ? []Oui [X]Non

*- Votre âge: 19

*- Autres infos sur vous :
comment avez-vous connu le forum ? C'est un ami qui m'en a parlé sur facebook. Comme je suis curieuse, j'ai cliqué Smile
Quels sont vos loisirs ? J'aime manipuler photoshop, et écrire sur des forums de roleplay principalement.
Qu'est-ce qui vous attire dans l'art ? C'est une manière de retranscrire et de partager les petits univers personnels qui me trottent dans la tête.
Pourquoi le forum vous attire-t-il ? Le concept est unique, je doute de trouver ça ailleurs.
Quel est le groupe qui vous intéresse le plus entre Souffleurs de Finitions, Souffleurs de Créations, ou Chuchoteurs de Machinations? Souffleur de Créations.

____________________ÉCRITURE____________________
- Pour juger de votre écriture tentez de créer :
  • Une description de vous-même, mentalement et/ou physiquement.

    Je ne suis ni tout à fait blanche, ni tout à fait noire, je suis donc Grise.

  • La description d'un personnage fictif et/ou celle d'un animal imaginaire et/ou celle d'un lieu créé de toute pièce.

Fragments de vie
-Et merde…
La jeune femme trébuche, avant de s’appuyer sur un mur sale. La ruelle est sombre, humide… Glauque. Son ventre arrondi est soutenu par ses deux mains, tout aussi crasseuses que le décor. Derrière une frange de cheveux gras et emmêlés, on distingue un visage presque enfantin, celui d’une adolescente. Ses yeux noirs semblent instables, ils glissent sur les choses sans s’y fixer réellement, donnant à leur propriétaire un air absent et inquiet à la fois. Sans plus s’attarder, elle pousse une porte basse et s’engouffre dans le bâtiment.

***

Les cris du bébé gênent les voisins… Par deux fois, la grosse brute d’à coté vient tambouriner à cette même porte, vociférant comme une mouette enrouée. Affolées, les deux sœurs finissent par se résoudre à colmater les interstices du bois avec des chiffons, se privant ainsi du peu d’air qui circule en cette saison. La chaleur est étouffante…
-Ta fille n’a pas choisi le meilleur moment pour arriver. On m’a dit que les bébés craignaient le chaud autant que le froid.
-Je n’ai pas choisi non plus. C’est ainsi.
Avec un sourire, la plus jeune des deux femmes caresse la joue rose de la chose charnue remuante au fond d’un couffin, chose qui a fini par s’endormir. Pour sûr, d’aussi petites cordes vocales se fatiguent vite.
-Tu t’es décidée finalement ?
-Oui, je l’appellerai Gaëlle, comme maman.
La grande sœur acquiesce gravement.
-J’espère qu’elle ne finira pas comme sa grand-mère.
-J’espère aussi.

***

Tinkreet. Croyez-le, il n’y a pas pire endroit pour élever ses enfants – à moins bien sûr que vous n’ayez l’ambition de les voir devenir des racailles de la pire espèce. Voilà justement un groupe de jeune délinquants, juste là bas, au fond de la rue ! Voyez comme ils observent. Leurs yeux sont comme ceux des rapaces. Ils savent analyser les gens, et décèlent leurs faiblesses plus vite que n’importe qui. Certains n’ont pas treize ans. Les plus jeunes sont les pires, ceux sont eux dont on se méfie le moins.
Gaëlle se faufile, elle les connait. La fillette est nerveuse, ses doigts sont glissés dans sa poche, crispés sur un papier froissé. Elle n’a que dix ans, mais elle sait ce qui l’attend si ils l’aperçoivent. Gaëlle est très intelligente.
-Hé là, Gaëlle !
Effrayée, elle tourne la tête vers ses aimables camarades. Tête basse, elle obtempère et traverse la rue pour les rejoindre.
-Tu n’as rien pour nous ?
-J’ai trouvé un galet tout lisse tout à l’heure. Si tu veux.
-Tu te fiche de moi ?
Le garçon fait les gros yeux, la petite écarquille les siens et presse de plus belle ce qu’elle tient entre ses doigts.
-Qu’est ce que tu as dans la poche ? Montre !
-Rien, rien !
Elle sanglote.
-On sait que tu travailles chez Faustine, la couturière. C’est du fric. Donne moi ça tout de suite.
Un autre fait un pas vers elle pour l’impressionner, menaçant. Visiblement à contrecoeur, Gaëlle sort difficilement la main de sa poche et la tend devant elle avant de déplier les doigts, dévoilant un billet. Ou du moins un billet d’enfant. Les chiffres sont tracés au feutre, l’astuce est grossière. Interloqué, le garçon s’empare du papier, avant de s’esclaffer.
-Elle t’a bien eu la Faustine, c’est un faux ! Tu es idiote ?
Larmoyante, la petite a un air désespéré.
-Elle m’a dit que… C’était ma paye pour la semaine…
Ils rient. Elle en profite pour fuir vers la fameuse ruelle. Même lieu, même odeur, même propreté.
-Gaëlle !
Sa mère tend vers elle des bras fatigués mais heureux. La fillette sourit, les joues encore humides, et plonge une main dans sa culotte pour en sortir un billet, un vrai. La tante secoue la tête, agacée.
-Mais où va-t-elle fourrer tous ces trucs ?

***

Ils sont tous alignés, bien fringués, et l’air de rien, comme si tout cela leur était d’ores et déjà familier. Ils ont vraiment l’air d’avoir passé toute leur vie dans ce grand établissement aux arches immenses, aux rideaux drapés, et au nom gerbant. La « Royale » Académie, mon œil. De royal elle n’avait que l’appellation, et sûrement aussi l’apparence. A l’intérieur, c’était tout autre chose… De la merde, un peu moins puante qu’à Tinkreet, mais de la merde quand même.
-Mademoiselle, votre nom ?
-Gaëlle.
Sourire indulgent.
-Gaëlle … ?
-Peinamps.
Hésitation. Sourire condescendant.
-Bâtiment de droite, derrière nous. Chambre Douze. Bienvenue.
Et de se presser vers quelqu’un d’autre. Il faut dire que le nom de Gaëlle fait tout de suite bouseux... Elle ne se formalise pas, de toute façon elle n’a besoin de personne.

***

-C’est pas vrai…
Il est tard. Quoique, sûrement plus tôt que tard à bien y réfléchir. Il y a du bruit à coté, dans la chambre voisine. Ca crie, ça rie, ça boit sans doute. Gaëlle sait que se lever pour gueuler après les fêtards de l’aube ne servirait à rien, cela va faire trois ans maintenant. Or, agir de façon désespérée ne lui ressemble pas.
-Oooh, Gaëlle ! Quelle surprise, majesté notre. Daignerez-vous, enfin, vous joindre à notre euphorique compagnie le temps d’un petit…
Le comique improvisé replonge dans son verre, histoire d’illustrer la suite de ses propos. La fille, nonchalante dans sa chemise de nuit, s’adosse à la porte avec un air mutin.
-Merde, mais qu’est ce que vous faites encore là ? Vous n’êtes pas au courant ?
Regards curieux. Imbibés, mais curieux.
-Ah, on ne vous a pas dit…
Elle sourit.
-Au fond du parc, derrière la haie dentelée… Des gars ont découvert le jardin secret de Monsieur Richard. Il y fait pousser des…
Petit rire.
-Des choses eeeextra. Vous devriez bouger vos miches, la moitié du dortoir est déjà au courant. Il y en avait pas mal quand je suis allée me servir, mais pour sûr cela ne suffira pas à remplir les putains de bronches de tous les étudiants…
La minute d’après, il n’y avait plus qu’une chambre bien crade, et bien vide. En refermant la porte derrière elle, allant retrouver ses draps encore chauds, Gaëlle sourit à son reflet dans le parquet verni du couloir.
-Premiers arrivés, premiers servis. Cette bande de cons va fumer du buffalo.

***

-Libellule, mes fesses ! T’es né sous le signe de la terre et tu crois pouvoir me faire croire que tu fais des 360 ?
-… Allons piquer un chasseur, Gelli, tu verras.
-Fais ça, je te dénonce au pion.

***

-Gaëlle Peinamps.
Eclats de rires discrets dans le fond de la salle.
-Félicitations, vous avez obtenu la note maximale.
Silence, cette fois-ci. Gaëlle ne sourit pas, elle le savait en rendant sa copie, copie qu’elle va récupérer avec la nonchalance de l’habitude. Regards furieux. Il faut dire que la concurrence est rude, avec tous ces bourges premiers de la classe, mais la jeune fille sait se défendre lorsqu’il s’agit de la théorie. D’ailleurs, elle ne fait pas que se défendre, elle attaque. La seule mauvaise note qu’elle a obtenue cette année concerne une dissertation dans laquelle elle a dénigré l’action des forces armées du pays. La police, selon elle, devrait revoir ses priorités, à savoir placer en premier la répression du vice, le rétablissement de la justice, de l’égalité. Ulcéré, le professeur lui avait accordé un dix, avec le commentaire suivant en marge : « Sûrement le nombre d’années qu’il vous faudra encore pour comprendre le réel fonctionnement de notre monde ».
De rage, elle l’a brûlé.

***

-C’est passable.
Elle tord la bouche, agacée, et pose enfin ses deux pieds sur la terre ferme.
-Je sais, mais je ne peux pas faire mieux. Il faudra que tu me donne ton secret…
Guillaume sourit, énigmatique.
-Cherche pas, c’est sans doute inné.
Furieuse, elle donne un coup de pied dans le chasseur. L’engin répond en crachant un panache de fumée.
-Bien, à mon tour maintenant.
Le regard du jeune homme laisse transparaître un instant son excitation soudaine, presque enfantine. Gaëlle grimace.
-Je n’ai plus envie de monter derrière toi.
-Allons, tu as promis.
-Je n’aurais jamais dû parier avec un vicieux comme toi ! Tu sais très bien que je n’arrive à rien avec ces machines à la con.
-Chht. Tais-toi, apprend.

***

-Ils sont revenus ?
-Oui, la nuit dernière. Heureusement que j’avais caché les économies… Dans un endroit où personne n’irait fouiller.
La mère et sa fille échangent un regard complice. La tante lève les yeux au ciel.
-Il y a des appartements en vente près de l’Académie. Je veux que vous quittiez Tinkreet le plus vite possible.
-Nous ne pourrons pas payer.
-J’ai de l’argent de coté. Dans trois mois j’aurais bouclé mon année de formation, et j’endosserai enfin l’uniforme des Sentinelles. Mes revenus seront alors suffisants pour couvrir le loyer.
La Gaëlle de vingt et un ans qui vient de parler pose, dans un geste tendre, la main sur l’épaule de sa génitrice.
-Vous y serez bien mieux. C’est moins dégueulasse qu’ici.

***

-C’est là que tu crèches ?
-De toute évidence.
L’homme doit avoir une demi douzaine d’année de plus qu’elle.
-C’est moche.
-On n’en a rien à foutre. Enlève ton pull.

***

-Mais quel con, vraiment !
Gaëlle parcourt le couloir nacré d’un pas plus que nerveux, courant presque. Son visage est rouge de fureur, son regard électrique.
-Idiot, stupide, crétin !
Elle gesticule. Une infirmière fait une sorte de bond sur le coté pour éviter de se prendre un coup malencontreux.
-On n’a pas idée de se comporter ainsi ! L’imbécile !
Rageuse, elle ouvre la porte de la chambre à la volée et se trouve face à un Guillaume qui lui sourit avec la plus grande innocence. Ses jambes bioniques s’agitent sous lui. Gaëlle se fige sur le seuil, la main encore sur la poignée. Soudain, les mots semblent lui manquer.
Elle s’approche, hésitante, et reprend d’une voix brisée qui semble contenir toute son émotion.
-Espèce d’enfoiré, je t’avais dit d’ouvrir ton parachute en même temps que nous.

Introduction au chapitre V de l'Histoire de Daneva
"Faites tomber les chaînes"
(à noter que le contexte est radicalement différent de celui du texte précédent)
- Arrière, pouilleuse !
- Ooooh oh oh, doucement !

La silhouette encapuchonnée fit un bond en arrière maladroit lorsque le garde la menaça de sa longue lance. La nuit était tombée sur la péninsule depuis une paire d’heures, et la vie nocturne de la capitale battait son plein. La lumière tremblante des torches de rue et quelques mélodies venaient égayer la petite place pavée où les sentinelles de la grande Porte Sud effectuaient leur garde. Le long rempart assurant la défense de la ville ressemblait à une palissade fantôme, barrière blanche marquant la frontière entre l’obscur extérieur et la chaude vie de Diantra.

- Je ne fais que passer… A moins que vous n’ayez besoin d’un charme, Monseigneur ?

La voix de la créature était grave et rocailleuse. Elle avait un accent indéfinissable et s’attardait désagréablement sur les « r », donnant l’impression que la suite de la phrase serait perdue dans une quinte de toux.

A ces mots, elle se recroquevilla sur elle-même puis entrouvrit sa longue cape pour présenter à l’homme une demi douzaine de petits objets indéfinissables. Il agita son arme de manière plus agressive encore.


- Ne n’ai pas besoin de tes maléfices, sorcière ! Montre ton visage !
- Vous ne voudriez pas voir ça…
- Fais-le !

La pointe de la lance vola vers la poitrine de la créature et s’arrêta à une dizaine de centimètres seulement de pénétrer la chair. L’interpellée fit un pas en arrière suivi un geste d’apaisement de ses bras, laissant apparaître deux mains sales aux longs ongles noirs. Lentement, elle fit glisser la capuche. A la vue du visage ainsi dévoilé, le garde eut un mouvement de recul.

La femme – car c’était une femme – lui adressait un sourire jaune et édenté. Plus édenté que jaune, en vérité. Une grande cicatrice parcourait sa joue droite, du sourcil au menton. Ses yeux étaient bouffis, et décorés de deux lourdes cernes noires. Aux commissures de ses lèvres s’écoulait un fluide indéfinissable… Quant à sa chevelure, du peu qu’on en voyait, elle semblait plus proche du nid de cafards que de l’amas de cheveux. De plus, ce mouvement avait produit une effluve nauséabonde émanant de sa personne. Poussant l’horreur à l’extrême, la femme mima un baiser en direction du garde.


- Hé quoi ? Je ne vous plais pas ?
- Va !

La silhouette encapuchonnée s’éloigna, pliée en deux, boitant piteusement le long de la rue s’enfonçant dans la capitale. Le garde la regarda un moment, regrettant sans doute de lui avoir demandé de lui laisser voir son visage, puis s’en désintéressa alors que quelques gamins lui jetaient des pierres.

La prétendue sorcière se dirigea ainsi vers la partie est de la ville, toujours de cette allure misérable. Ombre parmi les ombres, rares furent ceux qui la regardèrent plus d’une seconde. Elle s’engouffra finalement dans une ruelle plus petite et plus sombre que les précédentes, et poussa une porte.
Il s’agissait d’une auberge. L’endroit était mal éclairé, et sentait la sueur. Quelques hommes étaient attablés et discutaient à voix basse. En la voyant entrer, l’aubergiste posa le verre qu’il était en train d’essuyer sur le comptoir et s’approcha d’elle. Sa grosse voix fit trembler les murs de la bâtisse.


- Pas de mendiants ici. Dégage avant que je ne m’en charge moi-même !

Mais la silhouette, le visage dissimulé sous la lourde capuche, ne recula pas. Au lieu de cela, elle tendit son bras vers l’avant, présentant au gros bonhomme une chaîne en argent au bout de laquelle pendait un bijou sur lequel était gravé quelque chose. L’aubergiste devait savoir de quoi il s’agissait, car il écarquilla les yeux et murmura dans un souffle.

- L’Arbre Blanc….
- Un lit, un bac d’eau chaude, et un repas.

Toujours cette même voix rocailleuse. L’homme fronça les sourcils, réfléchissant un instant.

- Bien sûr. Venez.

Quelques minutes plus tard, la porte de la meilleure chambre de l’établissement se refermait sur la femme. Toujours courbée vers l’avant et boitant, elle inspecta les lieux avec circonspection pendant quelques secondes. Une fois qu’elle fut certaine d’être seule, elle se précipita tant bien que mal vers le pot de chambre qui gisait à coté du lit. Comme si chaque seconde qui passait ne lui était que souffrance, elle arracha sa cape, la jeta derrière elle et s’agenouilla au dessus du pot. Elle se mit à tousser violemment, crachant dans le pot une substance noire d’aspect dégoûtant. N’y tenant plus, elle enfonça deux doigts dans sa gorge, eut un soubresaut et rendit le contenu de son estomac. L’opération semblait être très douloureuse, mais aussi libératrice, car au fur et à mesure qu’elle se débarrassait de l’étrange liquide elle paraissait plus sereine. Lorsque enfin elle s’arrêta de tousser, elle eut un moment de réflexion, puis s’empara du pot et le vida par la fenêtre sans même vérifier où cela allait tomber.

- Plus jamais de sorcellerie…

Elle avait grommelé pour elle-même, mais la voix semblait déjà bien plus humaine, bien qu’encore enrouée.

Daneva était allergique à la magie, et cela depuis toujours. Elle avait toujours vécu en se tenant le plus loin possible de cette chose étrange qu’elle ne comprenait pas, se trouvant très bien sans en faire usage, mais cette fois-ci elle n’avait pas eu le choix. Son portrait était affiché partout, et il était clamé que ceux qui aideraient à sa capture recevraient une très jolie somme. Combien exactement, elle n’en avait cure, mais le fait était qu’elle aurait besoin d’être très discrète en se baladant dans la capitale. La vieille sorcière qu’elle avait croisée sur la route de Diantra l’avait tout de suite reconnue, et offert ses services. A contrecœur, la jeune femme avait admis que c’était bien sa seule option. Elle lui avait donc acheté à prix d’or une potion qui était censée changer son apparence, à court terme. Cette horrible substance noire.

Au souvenir du goût de la mixture, elle eut de nouveau un haut-le-cœur, nausée vite remplacée par une lancinante douleur au visage. Poussant une longue plainte, elle tituba vers la petite table de la chambre et s’empara du miroir qui y était posé, avant de se laisser choir sur le sol comme un linge sale. Dans son reflet, elle assista à la lente disparition de la cicatrice qui barrait jusque là son visage. Le soulagement l’envahit. Elle n’avait
vraiment pas confiance en la magie... Puis ce furent ses dents manquantes qui repoussèrent. La douleur fut doublée. Pendant une minute, elle s’accrocha aux draps du lit comme si ils étaient ses dernières attaches au monde réel. Ses yeux reprirent aussi leur teinte normale, et elle eut un instant l’impression d’avoir perdu la vue. La panique de Daneva n’atteint cependant son paroxysme que lorsque sa colonne vertébrale se redressa lentement, et que son corps se remodela peu à peu en celui de la grande et fine jeune femme qu’elle était. Allongé sur les planches moisies du sol de la chambre, elle serra les dents à s’en casser les mâchoires jusqu’à ce que toute douleur disparaisse de son corps. Cela prit un moment, mais elle finit par se relever en s’appuyant sur le lit à cause de ses genoux tremblant. Cela n’avait pas été si douloureux la première fois…

Le souffle court, elle enleva ses vêtements et s’observa encore. Un frisson de dégoût parcouru son échine au souvenir de la créature qu’elle était devenue, pour quelque heures. Non pas qu’elle soit particulièrement fière de son apparence, mais il y avait quelque chose de répugnant dans l’idée de changer ainsi son corps par magie. Elle porta une main devant son visage et vérifia que ses ongles avaient repris une taille normale. Quoi qu’il en soit, ils étaient toujours aussi sales.Elle était exténuée, car même si son voyage avait été de courte durée – un peu plus de deux jours depuis son départ de la ferme Granchot en vérité – elle ne s’était arrêtée que quelque heures pour manger et dormir un peu, et cela remontait à presque une journée. De plus elle avait perdu l’habitude de monter à cheval, après deux ans à Nelen sans poser le pied sur le continent, et de fait la chevauchée avait été des plus épuisantes.

Le bac d’eau chaude, dans un coin de la chambre, semblait lui lancer des appels. Ne résistant pas plus longtemps, Dane alla s’y immerger dans un long soupir. Elle avait encore tant de choses à faire… Et puis Lucas. Elle l’avait abandonné chez des étrangers. Par les Saints de l’Île, quelle folie… Elle se prit la tête entre les mains, anéantie. Son pauvre fils. Que penserait-il de sa mère si elle ne revenait jamais ? Et qu’en feraient les Granchot si elle ne parvenait pas à sauver leur propre fils ? Heureusement qu’elle y avait laissé Roc, son ex-officier. Elle ne réussissait pourtant pas à se satisfaire de cette idée… Elle sauverait Meron et les autres, et reviendrait à Lucas, très vite comme elle le lui avait promis. Elle ne serait tranquille que lorsqu’elle le tiendrait enfin dans ses bras.


Le lendemain, Dane se réveilla à l’aurore. Son objectif était de trouver un homme connu sous le nom de La Ronce de Diantra. Il était, elle pensait, le moyen le plus efficace de rassembler les hommes dont elle avait besoin. Mais avant cela, il fallait qu’elle vérifie qu’elle n’avait définitivement plus aucun soutient de la part des ex-silencieux restés en ville. Il y avait un moyen très rapide de s’en assurer.

C’était la première fois qu’elle revenait à Diantra depuis… l’incident. En s’habillant, elle sentit ses mains trembler. Presque religieusement, elle attacha son corset autour de sa poitrine et serra les ficelles pensivement. Ce corset avait vu les choses les plus belles et les plus horribles de sa vie ; il avait été défait de nombreuses fois par des mains étrangères, parfois amies, parfois ennemies. Plus que tout, il rappelait à la jeune femme la première fois qu’elle avait passé la nuit avec Calis. Il avait tiré sur les liens qui le maintenaient en place avec une force et une détermination qui l’avaient surprise. Cette même détermination, elle l’avait découvert, faisait partie intégrante de son caractère. Avait fait.

La minute d’après, elle se faufilait par la fenêtre afin d’atteindre le toit de l’établissement. Hors de question de repasser par l’aubergiste maintenant qu’elle était redevenue elle-même. De toute façon, il garderait la chambre pour elle autant de temps qu’il le faudrait, grâce au médaillon de Valkayre – car ce qu’elle avait montré au tenancier le soir d’avant était un cadeau que lui avait fait l’assassin blanc. Elle avait eu quelques nouvelles de son ami depuis le temps… Et il semblait avoir fait son chemin. Du temps où il le lui avait offert, le médaillon ne lui aurait permis que d’entrer dans quelques établissement louches sans se faire trop embêter. Elle savait désormais qu’à ce jour il s’agissait d’un sauf-conduit des plus puissants à Diantra, d’où l’attitude du gros aubergiste de l’autre soir. Aucun de ceux qui avaient déjà eu affaire à la lignée de l’Arbre Blanc ne semblait avoir envie de lui déplaire. Bien sûr elle aurait pu utiliser l’emblème des Silencieux pour avoir le même effet mais, la Compagnie dissoute, elle doutait que la pression soit assez forte pour prévenir de la trahison. La peur avait changé de camp.

Une fois sur le toit, Daneva inspira, le cœur serré de revoir cet océan si familier. Elle ajusta sa cape sur ses épaules et vérifia que sa dague croisée était bien fixée dans son dos. L’heure était à la redécouverte d’un sport qu’elle avait jadis l’occasion de pratiquer très souvent…

Coupant sa respiration, elle se mit à courir vers le bord avec détermination, et sauta au dessus de la ruelle. Elle se reçu sur le toit d’à coté dans une roulade et se releva prestement, un sourire sur le visage. Cela lui avait manqué. Bien sûr, n’importe qui étant un tant soit peu agile pouvait faire de même, mais il fallait tout de même savoir où sauter… Dans ce quartier c’était facile grâce aux maisons petites et rapprochées, mais le jeu devenait plus dangereux dans les quartiers plus prestigieux, où elle aurait sans doute à marcher dans la rue.

C’est en tout cas très discrètement que Daneva se dirigea vers l’une des places de la zone, là où elle savait trouver une des entrées principales vers les égouts. Quand elle y arriva, elle dû attendre qu’une patrouille bifurque dans la rue principale pour pouvoir se montrer, capuche jusqu’au nez. Ce n’était pas si original, les gens s’habillant de plus en plus à l’arrivée prochaine de l’hiver… La jeune femme contourna la petite fontaine de la place et s’engouffra dans une minuscule ruelle, dont elle fit basculer la trappe qui en constituait le bout. L’odeur nauséabonde des sous terrains la prit aussitôt à la gorge, mais elle ne s’en formalisa pas. Elle avait passé des mois là-dessous.

Les lieux n’avaient pas changé. Elle su retrouver le chemin vers la zone des Silencieux, et y arriva quelque minutes plus tard. La déception fut intense, mais elle s’y attendait : l’endroit était désert. Tout avait disparu… Les tentes, les caisses, les étals… Plus rien. Nostalgique un instant, elle s’appuya contre un mur avant de s’en écarter brusquement lorsqu’elle se rendit compte qu’il était recouvert d’une mousse à l’aspect douteux. Il n’y avait plus rien à faire ici.


Une fois de nouveau à l’air libre, elle décida de jouer sa dernière carte. Grimpant sur le plus haut toit qu’elle put trouver, elle s’accroupit, prit une longue inspiration et siffla. Ce n’était n’importe quel sifflement… Tout silencieux avait appris à le faire dès son entrée dans la guilde. Le son était très particulier, et portait loin. C’était un signal d’alerte… Celui qui sifflait ainsi avait besoin d’aide, et les Silencieux qui entendait l’appel devaient aussitôt se porter au secours. Daneva s’en était servie une fois, et cela l’avait tirée d’une bien désagréable situation.

Elle attendit une dizaine de minutes, puis bondit sur un autre toit et changea de quartier avant de réitérer l’opération. Elle se donnait jusqu’à midi pour trouver quelqu’un, passé ce délai elle se considèrerait comme parfaitement seule. Son sifflement retentit trois fois avant d’être entendu. Dane attendait patiemment sous le soleil de plus en plus fort de la fin de matinée lorsqu’une ombre des plus rapides grimpa le bâtiment à la manière d’un singe pour se retrouver à ses cotés. Surprise, soulagée et inquiète à la fois, la jeune femme attendit que son nouveau compagnon abaisse sa capuche avant abaisser la sienne. Ce dernier dévoila sans attendre son visage…

- Guel’na.

Il s’agissait d’une autre jeune femme, ancienne alpha de la Compagnie. Elle possédait une chevelure d’un blanc étonnant, et une peau des plus pâles. Daneva n’avait aucun doute sur le fait qu’elle était demi-drow. Guel’na n’était pas son véritable nom, c’était un surnom. Son surnom de Silencieux, comme en avaient tous les alphas. Elle dardait sur Dane un regard sombre, et attendit que cette dernière dévoile elle aussi son visage pour la saluer.

- Daneva.
- Es-tu seule ?

La demi-drow acquiesça. Toutes deux avaient des dizaines de questions à poser à l’autre, c’est pourquoi Dane lui laissa poser la suivante.

- Les Silencieux sont-ils réellement dissous ?
- Je crains que oui. Mais tous ne sont pas encore morts. Sais-tu si d’autres sont encore à Diantra ?
- Oui, pour la plupart ce sont d’ex-petits ou des classes 2. Ils ne se sont pas fait prendre et se cachent. Ils ne veulent plus entendre parler de la Compagnie. Que s’est-il exactement passé à Nelen ?
- L’armée a attaqué l’île en même temps que la Marine Marchande. Nos défenses n’ont pas tenu très longtemps. Nous n’étions pas préparés à ça. Où est Okän ?

Guel’na ne répondit pas tout de suite. En lisant son expression meurtrie, Daneva su tout de suite qu’il y avait quelque chose de grave. La demi-drow et Okän, un autre des alphas, s’aimaient d’un amour rare. Dane avait respecté cela, et avait veillé à ce qu’ils soient toujours affectés aux même missions.

- A-t-il été tué ?
- Non !

Sa voix avait vacillé un instant, trahissant son désespoir. Dane eut l’impression de se voir elle-même, deux ans auparavant.

- Il a été pris. Ils le gardent en ce moment même dans les geôles royales. Il aurait dû être exécuté depuis longtemps, je ne comprends pas ce qu’ils attendent… En tout cas, il m’est impossible de le libérer seule. Ils me connaissent, j’étais avec lui lorsqu’ils l’ont arrêté. Je ne m’en suis sortie que de justesse.

Elle regardait son ancienne supérieure avec des yeux que cette dernière ne lui avait jamais vu. La jeune femme réfléchissait activement. Elle pouvait aisément deviner ce que la demi-drow allait lui demander.

- J’ai besoin d’aide.
- Moi aussi.

Il y eut un silence, durant lequel les deux femmes semblèrent perdues dans leurs propres pensées. Dane reprit la parole la première.

- J’ai fui Nelen sur un bateau pirate en me faisant passer pour une pêcheuse, avec Roc, Loki et Lucas. J’ai laissé Lucas à des fermiers de Taanis. Roc était blessé, alors il est resté aussi. J’ai envoyé Loki à la rencontre du groupe de Renard, à Lante. Il devrait arriver à temps pour les prévenir du danger. Je suis ici pour secourir un convoi de prisonniers fais à Nelen qui se rapproche de la ville pour les y exécuter. Le fils des fermiers est parmi eux. Il me faut rassembler des hommes pour cela… C’est la raison pour laquelle j’ai sifflé. J’ai besoin de toi, et de tous ceux qui voudront bien se joindre à moi.

Guel’na pinça les lèvres.

- Pas sans Okän.
- Si ils ne l’ont pas tué tout de suite, c’est qu’ils attendent le convoi. J’imagine qu’ils préparent une exécution de groupe, pour marquer les esprits. Le convoi est à gérer en premier. Ensuite nous aurons le temps de libérer Okän.

- Vas-tu m’aider ?

Une lueur d’espoir venait d’apparaître dans le regard de la demi-drow.

- Oui.

L’humaine en revanche baissa les yeux, accablée. Venait de s’ajouter à ses plans une nouvelle obligation. Le jour où elle retrouverait son fils venait de reculer dans le temps. Okän avait été un Silencieux remarquable, et il méritait autant que les autres d’être sauvé. Dane était très sensible à la détresse de Guel’na, qui était celle d’une femme inconditionnellement amoureuse. Son homme était toujours vivant, et elle avait encore l’opportunité de le ramener auprès d’elle, chance que Daneva n’avait pas eu. Sans compter qu’elle avait besoin de l’ancienne Silencieuse pour secourir Meron.

- J’ai déjà libéré quelqu’un des geôles royales, je peux recommencer. Surtout qu’il s’agissait de Triss Amras, ancien leader de la Marine Marchande. Okän n’était même pas officier…

Les lèvres de Guel’na tremblèrent de reconnaissance. Elle tendit la main.

- Dit ?
- Dit.

Daneva lui serra la main, gravement. Il n’y avait plus de temps à perdre.

- Que sais-tu de la Ronce ?
- C’est… Un bandit de Diantra. Quelque chose se rapprochant.
- As-tu déjà eu affaire à lui ?
- Une ou deux fois… Diantra est une grande ville, mais notre réseau couvrait la majorité des quartiers, dans le temps. Pourquoi ces questions ?
- Je pense qu’il peut nous aider.

Elle soupira.

- Mais je n’ai pas la moindre idée de la façon dont je pourrais le convaincre de faire pareille chose. Nous n’avons jamais eu affaire à lui dans le passé, et tout l’or de la guilde a été pillé.
- Nous pourrions le menacer.
- Non… Si je veux faire appel à ses services, c’est justement parce que je pense qu’il est insensible à ce genre de pression. D’autant qu’il serait dangereux de se mettre à dos cet homme sans en savoir plus. Nous ignorons sa puissance réelle.

Les deux femmes restèrent silencieuses un moment.

- Sais-tu où le trouver ?
- A peu près. J’ai quelque gamins qui ouvrent l’œil pour moi en échange de quelques écus.
- Mène-moi à lui maintenant.

Elles passèrent le reste de l’après-midi à courir dans les rues et sur les toits de la capitale. Il était aisé d’éviter les patrouilles, et la capuche de Daneva lui permettait de dissimuler son visage efficacement. Elle vit plusieurs affiches sur les places qu’elles traversèrent, et constata amèrement que son portrait était très ressemblant.

Au crépuscule, elles arrivèrent devant une taverne agitée du nord de la ville. Elle était située juste derrière le palais royal. Guel’na affichait une mine sombre : les geôles n’étaient pas loin non plus. Le garçon que payait la demi-drow leur avait indiqué cet établissement, jurant sur son honneur qu’il avait vu la Ronce s’y diriger plus tôt dans la journée. Les deux femmes s’y engouffrèrent donc, et ne mirent pas longtemps à trouver une table dans le coin le plus sombre de la pièce. Dane n’était pas à l’aise. Maintenant qu’elle se trouvait à l’intérieur, ne pas relever sa capuche devenait louche. Heureusement, peu de têtes s’étaient relevées à leur arrivée.


Pendant quelques minutes, elles scrutèrent attentivement les clients de la taverne, sans succès. Daneva ne savait même pas à quoi ressemblait l’homme qu’elle cherchait, elle ne pouvait que se fier à la description approximative que lui avait fait sa compagne. Grand, brun. La majorité des hommes présents étaient grands et bruns. Elle serra son poing sur la table et se pencha pour chuchoter à Guel’na.

- Bon sang, nous n’arriverons à rien comme ça !

La demi-drow acquiesça.

- Tu as raison. LA RONCE !

Elle avait crié ces deux derniers mots, se levant en même temps. Tous les clients de la taverne levèrent la tête vers elle. Elle cria encore.

- LA RONCE !

Daneva avait baissé la tête lentement. Elle ne bougeait plus, tâchant de faire en sorte que personne ne la remarque. Guel’na accaparait de toute façon très bien l’attention avec sa crinière blanche et ses grands yeux noirs furieux. Cette demi-drow était folle à lier… Mais Dane devait avouer que sa méthode, à défaut d’être discrète, était efficace.

Ce ne sont pas des textes descriptifs, je suis désolée ^^ Je fais plus dans le récit... Je pense que dans le genre de projet que vous entreprenez, tout est bon à prendre, cependant dites moi si ça ne convient pas.

____________________ART VISUEL____________________
- Pour juger de votre niveau en arts visuels, illustrez l'une de vos description (toutes les techniques sont autorisées) et postez là en dessous de vos textes.
Je crains malheureusement de n'avoir jamais illustré mes textes. C'est ma foi une idée qui ne m'était jamais venue jusqu'ici, mais ça serait intéressant de m'y pencher pendant ces vacances Smile
En attendant voici deux de mes travaux, ça vous donnera je pense un aperçu de ce que je peux faire. Si cela vous intéresse vous pouvez aussi aller visiter ma galerie sur DA, dont le lien est plus bas.




________________________________________
-Un lien vers vos travaux sur un autre site? http://heranea.deviantart.com/

- Un commentaire ? J'essaye de vous ramener du monde, il a l'air tout joli ce forum Smile

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Re: Grise

Message par Vent du Nord le Sam 17 Juil - 12:38

Bienvenue Grise ^^ J'espère que jusqu'à présent tu te plait sur le forum =)

Pour la partie texte : l'écriture est belle, bien agréable à lire, tout est fluide et sans faute, la mise en scène est soignée, en gros je n'ai rien à dire. Je me suis beaucoup attristé dans la première histoire, la vie est parfois bien dure ... Et apparemment beaucoup plus à Tinkreet !
En fait j'ai quelque chose à rajouter (héhé sinon je ne serai pas le furieux vent du nord), peut-être aurait été-t-il plus sympa de dire que les textes n'étaient pas originaux pour le forum mais qu'ils étaient repris d'ailleurs (le premier vient de Couleur Ciel et le deuxième de Miradelphia). Heureusement que j'ai bien vérifié et que je me suis assuré qu'ils étaient de toi ^^"

Pour la partie visuelle : je suis peut-être facile mais je trouve tes créations très vivantes, surtout la première qui a quelque chose de captivante, dans le jeu des couleurs et des formes. Dans la deuxième, le côté manipulation est trop voyant à mon goût et je trouve que ça casse tout, dommage parce que j'aime bien la composition ><"

Bon pour moi je trouve que tout a plutôt été bien exploité et si tu n'es pas intéressée par la mise en scène je donne mon aval pour ton accréditation ^^ Je te valide pour le moment, si Vent d'Est a quelque chose à dire, elle pourra toujours le faire, je mets ta fiche en stand bye.

Encore bienvenue, je te propose d'aller dans ta galerie pour la remplir ou d'aller ici pour commencer à poster sur le sujet du cycle : "Et après la vie ?"

Hâte de voir tes créations se mêler à toutes celles qui sont déjà là, à bientôt !

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Re: Grise

Message par Vent d'Est le Sam 17 Juil - 13:53


Bienvenue!!!Je n'ai pas encore lu tes textes, mais je fais confiance à Nord sur ce point là, pour ma part, je confirme son avis concernant les travaux visuels: le premier est très touchant au niveau des couleurs, et de la texture, le deuxième dans l'ensemble marche bien sauf la petite fille que j'aurais surement plus incrustée, mais après c'était peut-être voulu. Dans tous les cas tu t'en sors bien. =) Amuse toi bien sur le forum!

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